Adama Traoré, la répression de la police, le déploiement de l’armée et la justificatin anti-terroriste
Article mis en ligne le 24 mai 2018

par Collectif
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Adama Traoré, la répression de la police, le déploiement de l’armée et la justification anti-terroriste

Mort suite à des violences policières le 19 juillet 2016, Adama Traoré, a laissé derrière lui une famille qui se bat pour la vérité et la justice autour des conditions de son décès. La réponse du pouvoir est celle du harcèlement et de la persécution : quatre de ses frères sont ou ont été emprisonnés – avec défense même de revenir à Beaumont-sur-Oise –, sa mère a été inquiétée à plusieurs reprises, et de nombreux jeunes de son quartier sont réprimés, voire jetés en prison. Une grande manifestation organisée en juillet 2017 a vu le déploiement d’un dispositif policier très soutenu avec l’usage de drones de surveillance, de barrages et une forte présence militaire sur son parcours de Persan au quartier de Boyenval à Beaumont-sur-Oise.

Cette forme combinée de l’intimidation policière et militaire s’est déployée de manière significative lors d’un événement familial dans le quartier de Boyenval à Beaumont-sur-Oise le 28 avril dernier (un après-midi boxe avec les enfants du quartier, en mémoire d’Adama, avec entre autres la championne du monde Aya Cissoko et de nombreux habitants des quartiers voisins). Le déploiement militaire des troupes armées de Sentinelle Vigipirate, accompagnées d’un véhicule de la gendarmerie, a succédé aux multiples passages des forces de l’ordre en patrouille (sept véhicules en quatre heures d’événement). Sept militaires se sont déployés sur le terrain même où les enfants s’initiaient à la boxe, dont cinq aux extrémités et deux à l’approche.

Le collectif Ni guerres ni état de guerre dénonce cette intervention ainsi que le cadre sécuritaire permettant ces débordements.
Le collectif dénonce :

* La répression policière à laquelle s’ajoute le déploiement militaire comme moyen d’intimidation.
Il apparaît ici que la police et la gendarmerie peuvent appeler en renfort les troupes armées de l’opération antiterroriste Sentinelle. Les relations déjà tendues entre la préfecture et les habitants des quartiers populaires, spécialement ceux issus de différents vagues d’immigration, prennent un tour nouveau. Qu’un parc accueillant des gamins pour un tournoi de boxe soit considéré comme un territoire « sensible », objet de « menace terroriste », en dit long sur la volonté de contrôle et d’intimidation exercée à l’encontre d’une partie de la population.

* La prétendue « mission de protection des populations » promue par l’armée et soutenue par les médias.

Le ministère des Armées estime normale la présence des militaires de l’opération Sentinelle lors de tout rassemblement de population (et sans que celle-ci ne le demande) afin de « renforcer la protection des participants contre une éventuelle menace ».
L’intervention infondée du 28 avril est scandaleuse et gravissime : elle montre que l’état d’urgence est entré dans la vie quotidienne, en visant avant tout les populations racialisées. L’état d’urgence, l’état d’exception, devient la norme après la loi de « sécurité intérieure » d’octobre 2017.

C’est pourquoi le Collectif Ni guerres ni état de guerre appelle à dénoncer vigoureusement cet « état normal » où l’armée est omniprésente et à soutenir les initiatives et la lutte des proches d’Adama Traoré.

14 mai 2018

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