Todeschini, héritier de Pétain ou de Jaurès ?
Article mis en ligne le 7 octobre 2016

par Webmaster
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Todeschini, héritier de Pétain ou de Jaurès ?

1916 – 2016, c’est l’occasion de nombreuses commémorations des batailles de la première guerre mondiale, hier Verdun, aujourd’hui la bataille de la Somme. Evidemment, Union européenne oblige, surtout après la trahison de la « perfide Albion », les Allemands sont à l’honneur. On fraternise ! Un vent de paix allait-il donc souffler sur ces cérémonies. Nullement !
A Fricourt vendredi dernier (1er juillet), lors des cérémonies pour la bataille de la Somme, Jean-Marc Todeschini, secrétaire d’État aux anciens combattants, a une fois de plus illustré l’état de guerre que le pouvoir a installé dans notre pays, et qui suppose, on le verra, un exercice rigoureux de la censure.
Déjà dans Le Monde du 29 mai dernier, à l’occasion de la cérémonie du centenaire de la bataille de Verdun, Todeschini a exalté l’esprit patriotard.
Même celles et ceux qui n’ont ni l’antimilitarisme ni le pacifisme chevillés au corps reconnaissent désormais que les 18,6 millions de morts et les 21 millions de blessés sont tombés ou furent mutilés non pas pour défendre leur patrie, mais pour les intérêts des trusts et des konzern. Mais le ministre d’un parti qui se réclame de Jaurès pense autrement !
Dans cet interview du Monde, à la question du journaliste : « Aujourd’hui, la France est en guerre. Cela ne brouille-t-il pas la lisibilité du message de paix des commémorations de Verdun ? », Todeschini répond sans hésitation :« Les deux ne sont pas incompatibles. Nos soldats engagés dans les opérations militaires en Syrie, en Irak et au Mali défendent les mêmes valeurs que les poilus de Verdun, celles de la France. Après les attentats du 13 novembre 2015, de nombreux jeunes ont présenté leur candidature pour s’engager dans l’armée. Ils s’engagent pour défendre les valeurs de la France et de l’Europe et non avec un sentiment de haine et de revanche envers ceux qui ont perpétré ces attentats. Si la France intervient aujourd’hui au Mali, en Syrie et Irak, c’est aussi pour protéger l’Europe. »
L’esprit patriotard de 1914 se drape désormais des couleurs de l’Europe, mais c’est toujours pour semer la mort au profit des intérêts de l’impérialisme1.
A Fricourt, c’est la censure que Todeschini a imposée. Les organisateurs locaux de la cérémonie avaient prévu de faire jouer la fameuse Chanson de Craonne (Craonne est un village de l’Aisne, complétement détruit lors de la guerre). Cette chanson, qui appelle à la mutinerie, et qui fut d’ailleurs entonnée par les mutins de 17, fut évidemment censurée par les commandements de l’époque, au premier chef par Pétain, l’assassin des mutins.
Eh bien, à Fricourt, Todeschini a interdit que la Chanson de Craonne fût chantée !
Pour rendre hommage « aux trouffions qui se sont mis en grève », voici les paroles de la Chanson interdite :

Quand au bout d’huit jours, le r’pos terminé,
On va r’prendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile.
Mais c’est bien fini, on en a assez,
Personn’ ne veut plus marcher,
Et le cœur bien gros, comm’ dans un sanglot
On dit adieu aux civ’lots.
Même sans tambour, même sans trompette,
On s’en va là haut en baissant la tête.

Refrain :

Adieu la vie, adieu l’amour,
Adieu toutes les femmes.
C’est bien fini, c’est pour toujours,
De cette guerre infâme.
C’est à Craonne, sur le plateau,
Qu’on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
C’est nous les sacrifiés !

Huit jours de tranchées, huit jours de souffrance,
Pourtant on a l’espérance
Que ce soir viendra la r’lève
Que nous attendons sans trêve.
Soudain, dans la nuit et dans le silence,
On voit quelqu’un qui s’avance,
C’est un officier de chasseurs à pied,
Qui vient pour nous remplacer.
Doucement dans l’ombre, sous la pluie qui tombe
Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes.

Au Refrain

C’est malheureux d’voir sur les grands boul’vards
Tous ces gros qui font leur foire ;
Si pour eux la vie est rose,
Pour nous c’est pas la mêm’ chose.
Au lieu de s’cacher, tous ces embusqués,
F’raient mieux d’monter aux tranchées
Pour défendr’ leurs biens, car nous n’avons rien,
Nous autr’s, les pauvr’s purotins.
Tous les camarades sont enterrés là,
Pour défendr’ les biens de ces messieurs-là.

Refrain

Ceux qu’ont l’pognon, ceux-là r’viendront,
Car c’est pour eux qu’on crève.
Mais c’est fini, car les trouffions
Vont tous se mettre en grève.
Ce s’ra votre tour, messieurs les gros,
De monter sur l’plateau,
Car si vous voulez la guerre,
Payez-la de votre peau !

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