Collectif Ni guerres ni état de guerre - Réunion du 11 mai 2016
Article mis en ligne le 16 mai 2016

par Webmaster
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Collectif Ni guerres ni état de guerre
Réunion du 11 mai 2016

Discussion sur la situation : quel état de guerre ?

Il est vrai que l’actualité politique (et médiatique) ne place pas la guerre au centre. Et pourtant…
La vente spectaculaire de sous-marins nucléaires à l’Australie mérite d’être interrogée dans ses enjeux stratégiques. Les sous-marins sont ce qu’on appelle en langage militaire un « élément de force ». Leur puissance de feu est incomparablement supérieure à celle d’un avion. Normalement les grandes puissances en possèdent mais ne les vendent pas.
Or un contrat de 50 ans a été signé avec l’Australie. La France va mettre sur pied des chantiers navals australiens. Mais c’est un équipement états-unien qui va équiper ces sous-marins.
Cette dimension souligne une dimension géostratégique fondamentale : l’accord de coopération militaire entre France et EU. Depuis des années, les deux pays mènent des opérations conjointes en matière navale ; pas de petits exercices ; mais des expérimentations et vérifications de compatibilité des systèmes.
Le retour de la France dans l’OTAN, sous Sarkozy, a été essentiel pour renforcer le complexe militaro-industriel.
Il s’agit d’encercler la Chine. Montée de la tension. L’Australie se justifie par rapport aux avancées de la Chine sur les îles de la région (cf. îles Paracels notamment…).
Obama n’a cessé de répéter que la « première contradiction » était la Chine. Il n’a pas cessé non lus d’affirmer sa confiance envers l’Australie pour contrôler la zone, tout comme les EU font confiance à la France pour contrôler une partie de l’Atlantique (face à la Russie).
Le japon a quant à lui et pour la première fois depuis la 2eGM un port à l’étranger (à Djibouti) avec construction de bateaux du genre Mistral.
La région asiatique a un traité de coopération économique mais qui, autre provocation, a exclu la Chine.
Montée des contradictions interimpérialistes.

Il faut creuser la question sociale et syndicale en matière d’entreprise d’armement.
La Direction nationale de la construction navale n’est pas revenue sur les quelque 1200 suppressions de postes annoncées. Elle aura surtout recours à la sous-traitance et à la délocalisation.
Hollande fanfaronne sur la création d’emplois liés aux ventes d’armements. A cela s’ajoute la propagande par l’armée pour recruter des jeunes, notamment chômeurs.
Mais quelques déclarations syndicales pour critiquer lien entre création d’emplois et morts à l’autre bout du monde par ces armes.
Politiquement, c’est très important d’être présent et d’argumenter sur ce terrain-là, car Hollande s’y refait une popularité à bon compte.
Slogan lancé par le collectif dans les manifs : Ni chair à patron, ni chair à canon.

Le lien entre guerre et état de guerre est fait par le gouvernement lui-même : doctrine de sécurité intérieure/ affaires militaires, coloniales et impérialistes.
Comme le déclare par exemple le chef d’état-major de Villiers : « le savoir-faire qu’on a en Afrique, on peut le déployer en France pour la contre-insurrection ».

La répression actuelle correspond à une guerre sociale, avec violence croissante, même si elle n’est pas nouvelle pour les habitants des quartiers populaires. Le tournant, c’est que désormais des syndicalistes et des jeunes « blancs » en sont désormais victimes. Cela fait s’opérer des convergences essentielles cf. la réunion de mercredi dernier contre les violences policières : mouvement social actuel et collectifs bataillant dans les quartiers populaires depuis des années ex. Urgence notre police assassine, Stop contrôle au faciès…
Usage d’armes dites non létales mais qui peuvent gravement blesser voire tuer. Flashballs, taser, grenades de désencerclement (qui sont utilisées en dehors de la légalité puisqu’elles sont censées être utilisées quand les flics sont encerclés, alors que là elles le sont pour attaquer).
Interpénétration entre police et gendarmerie. La gendarmerie a toujours eu des ares que la police n’avait pas. Maintenant BAC et CRS vont avoir armes de guerre (justification : faire face à des situations du type 13 novembre).
Tactique systématique des nasses policières pour isoler et matraquer les manifestants.
Il s’agit d’écraser les manifestations avant que le mouvement prenne une autre ampleur. Une situation inédite, il s’agit de dissuader les gens de venir manifester.
Schéma paranoïaque de contrôle des populations.

Conclusions pratiques
• Alimenter notre site par des articles que l’on écrit nous-mêmes.
• Mettre au pot commun une bibliographie, mettre des extraits d’articles ou d’ouvrages sur le site
• Prévoir d’organiser une grande rencontre publique sur la question de l’état de guerre avec savoirs militants et de recherche
• Préserver et renforcer, dans la situation, ce qui fait notre spécificité : le LIEN entre guerre et état de guerre.

Echéances
• Ce jeudi 12 mai, le collectif se retrouve à 14H vers le 261 boulevard Raspail face à la fondation Cartier (populaire, désormais…)
• Le collectif sera présent avec banderole, tracts et points fixes pour les manifs et rassemblements des 17, 18 et 19 mai
• Réunion publique du collectif en présence de Mathieu Rigouste, auteur entre autres de L‘Ennemi intérieur et de La Domination policière : une violence industrielle, le mercredi 25 mai à 19H
• Le collectif participera au contre-banquet au moment du Salon de l’armement le

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