La police tue

Base de donnée sur les meurtres par la police. Par Basta !

Article mis en ligne le 16 juin 2018

par Collectif
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Quand les forces de l’ordre tuent : 40 ans de décès sans bavures ?

par Ludo Simbille 14 juin 2018

Tué par balle, mort par asphyxie à la suite d’une interpellation, tué dans un accident en tentant d’échapper à un contrôle, retrouvé inerte en cellule de dégrisement... Ces affaires recouvrent des situations de nature très différentes, que nous avons tenté de classifier dans une base de données inédite en France. Existe-t-il cependant un portrait-type des personnes tuées ? Certaines classes d’âge et populations sont-elles plus concernées que d’autres ? Voici une première analyse.

Basta ! publie une base de données inédite en France : celle des interventions policières fatales.

Voir ici : https://www.bastamag.net/Quand-les-forces-de-l-ordre-tuent-40-ans-de-deces-sans-bavures

En attendant que l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la police des polices, livre d’ici 2019 ses propres données – c’est du moins ce qui a été annoncé –, les informations publiées ici sont donc les seules disponibles sur ce sujet. Après avoir publié le premier recensement chronologique des personnes décédées au cours d’une opération de police ou de gendarmerie, paru en 2014 sous forme de chronologie (voir ici), Basta ! poursuit donc son travail sur le sujet en publiant une visualisation beaucoup plus détaillée sur les circonstances de ces interventions mortelles, de 1977 à nos jours.

Tué par balle, mort par asphyxie à la suite d’une interpellation, tué dans un accident en tentant d’échapper à un contrôle, retrouvé inerte en cellule de dégrisement... Ces affaires recouvrent des situations de nature très différentes, que nous avons tenté de classifier : l’âge de la personne décédée, son sexe et le lieu du décès ; la personne tuée était-elle armée ou non ; avait-elle attaqué les forces de l’ordre ; tentait-elle de fuir ou était-elle déjà en état d’arrestation ; quel type d’unité est responsable de l’intervention...

L’usage de la force est une prérogative concédée par les citoyens aux forces de l’ordre. Ce pouvoir exceptionnel implique, en retour, l’existence de contre-pouvoirs et de moyens de contrôle stricts et effectifs sur la manière dont il est utilisé par la police et la gendarmerie. Sans préjuger de la légitimité, de l’intentionnalité ou de la légalité de l’acte qui a mené à la mort d’une personne, ce recensement doit nous aider à comprendre dans quelles conditions l’action des forces de l’ordre conduit à une issue mortelle.

Au moins 478 personnes décédées en quarante ans

En plus de quarante ans, nous avons recensé 478 personnes décédées des suites d’une interaction avec les forces de l’ordre. Soit, en moyenne, une personne tuée par mois. 2017 constitue une année record avec 35 morts. 2017, 2012, 2007 : ces trois années de campagnes électorales (élection présidentielle et législative) sont marquées par des « pics ». Difficile pour autant d’interpréter ces hausses comme une conséquence de ce contexte : 1981, 1995 et 2002 ont également connu une élection présidentielle et comptent moins de six mort par an. De plus, 1980, 1994 et 2014 sont des « années noires », sans qu’un événement de ce type ne puisse, a priori, l’expliquer.

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